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| MONICA FAGAN |
| PRESENTATION |
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La technique
irréprochable, de la sous-couche aux vernis, soutient
le propos comme une grammaire soutient le vocabulaire. Nous
sommes ici devant un langage peint.
Son imagerie onirique et son bestiaire incongru forment des
paraboles qui sont autant de clefs de lecture pour comprendre
le monde qu'elle veut nous dire. Le symbolisme surréaliste pointilleux et obsessionnel est le langage précis
et précieux d'accès à ce monde, symbolisme parfois drolatique
ou théâtral, souvent énigmatique, toujours pour mettre en
scène la lumière.
Mais elle doit nous
faire entrer dans son monde par sa peinture-langage
et elle utilise pour cela des subterfuges qui sont
autant d'invitations : lumières-brouillards
en contre-jour, dallages-en fuite qui s'avancent; femmes-voiles
qui nous échappent, eaux-reflets qui nous assoiffent.
Maniérisme ? Cette peinture-écriture
est un chemin "ad luminem". Alors, si nous
mettons le pied sur ce chemin, Monica Fagan nous guide
vers ses eaux, symbolique de l'accomplissement, dans
des décors où
l'ombre sert la lumière.
Nous devrons laisser nos masques sur le rivage, à la frange des eaux qui
meurent aux confins des chemins de dallage. Mais nous ne sommes pas seuls. La
toile est habitée : ici, bustes obsessionnels et parfaits de femmes-mannequins
qui nous attendent, promesse d'une sexualité chaste, romantisme débridé ;
ici encore, débris de pierre, ruines de nous-mêmes, abandon obligatoire
pour accéder au monde " faganien " ; ici les formes et
les objets s'humanisent, les pierres prennent corps ; là, au contraire,
les corps se pétrifient ; ici, l'arbre est chaussé d'un soulier,
le violoncelle se fait femme ; là au contraire la femme devient arbre-mannequin.
Monica Fagan nous dit une vie entre deux états, un passage entre matière
et lumière. Ce passage obligé
se fera par líeau, vraisemblable état intermédiaire
: eau-écume absorbant la grève dallée,
en plan incliné doux, peinte comme les miniatures
de Jaïpur, au pinceau à un poil et à la
loupe ; eau-source absorbant les parties basses des corps
; eau-réceptacle sans pareil de la lumière
des cieux, immobile, lisse. Un monde de pureté.
Car l'eau est symbole de pureté, car le monde que Monica Fagan a visité pour
nous, avant nous, est pur. Les licornes sont preuve-invitation malicieuse à cette
pureté. Symbolisant la révélation divine, la licorne signe
la pénétration du divin dans la créature. Sexualité chaste
et pureté agissante. Initiation. Mais rien níest donné.
Voiles, brumes, masques et brouillards nous ramènent sans cesse au doute
: la vérité est insaisissable, comme un clin d'oeil .
Le monde de Monica Fagan est celui d'une
sublimation de la vie charnelle, lumières et ombres, à la
fois sauvegarde de la virginité
et fécondité. Monde des contrastes
et des contradictions, chair divinisée et invitante,
monde dont les hommes sont apparemment et étrangement
absents. Mais Monica Fagan ne peint que ce qu'elle
a été ! Malicieuse...
Elle nous parle d'un
monde qu'elle a connu et sa peinture est le témoignage
qu'elle en rapporte. Les mots, même chantés,
seraient inopérants. c'est donc un opéra
de couleurs qu'elle nous propose comme décors
de son message, de sa prophétie, car ce monde
existe : il est un chant. Il est le chant à la
lumière ! La licorne le sait : son troisième
oeil est relié au divin, symbole de l'alchimie
spirituelle, est là pour nous le dire. Précisément
et précieusement, entrons dans ce monde qui
n'attend plus que nous et laissons-nous guider. Les
belles dames " faganiennes " nous invitent
: sous leurs masques malicieux, elles ne sont pas la
finalité
de ce monde mais elles en sont les immaculées
conceptrices. Les clefs.
Entrons... |
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